Marine Hugonnier, projection et rencontre au Cinéma Spoutnik

Projection de Ariana (2003), The Last Tour (2004), Amazonia (2006)
Suivie d’une discussion avec l’artiste
Entrée libre

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Les trois films de cette trilogie brouillent et réinterrogent les frontières entre la fiction et le documentaire. Ils prennent le temps d’examiner le contexte politique et culturel de territoires particuliers et questionnent la politique des images qu’ils suscitent. Ces films sont des mouvements de pensée, des réflexions, réalisés en marchant au fil de voyages. Ils tentent de définir un autre type d’expérience; une expérience des images à travers le monde plutôt que du monde à travers les images.

Ainsi, Ariana (2003) raconte l’histoire d’une équipe de tournage dans la vallée du Pandjchir, au nord de l’Afghanistan. The Last Tour (2004) est un film de fiction dont l’action se passe à la fin de l’âge du spectacle, à un moment où les attractions touristiques ferment au public et Travelling Amazonia (2006) se déroule sur la Trans-Amazonienne, le grand projet inachevé de la dictature militaire brésilienne.

Cinéma Spoutnik
11 rue de la Coulouvrenière
1204 Genève

Segunda Vez, Dora García

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Dora Garcia, Segunda vez, 2017
Courtesy de l’artiste et August Orts, Bruxelles

Samedi 26 août à 18h

Présentation de Segunda Vez, projet de recherche pluridisciplinaire autour de la figure d’Oscar Masotta (1930-1979), auteur, critique, artiste et psychanalyste argentin.

Non Assistance – Projection suivi d’une discussion

Projection de Non Assistance, documentaire de Frédéric Choffat, 2016
Suivie d’une discussion entre le réalisateur et Charles Heller, artiste et chercheur
Bibliothèque de la Jonction
Jeudi 15 juin à 19 h
Entrée libre

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Dans le cadre du volet voyage forcé, la bibliothèque de la Jonction propose la projection de « Non assistance » un documentaire de Frédéric Choffat, réalisateur genevois d’origine marocaine qui questionne depuis longtemps la problématique de la migration ou de l’identité. La projection est suivie d’une discussion autour de la question des flux migratoires en Méditerranée, en présence de Frédéric Choffat et du chercheur et vidéaste Charles Heller, dont le travail se concentre sur la violence des frontières maritimes de l’UE, au croisement de la recherche, de la pratique des droits humains et de la production esthétique.

NON ASSISTANCE, documentaire de Frédéric Choffat, 2016
co-écrit avec Caroline Abu Sa’Da, 2016, 52′
Des milliers de personnes, tentent de trouver refuge en Europe en traversant la Méditerranée. La réponse des Etats est soit inexistante, soit sécuritaire. Pour pallier à cet état, des civils s’engagent pour essayer d’amener un peu d’humanité dans cette crise sans précédent.

 

Histoire chuchotée de l’art, de Robert Filliou

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En 1963, Robert Filliou écrit L’histoire chuchotée de l’art qui célèbre l’art et la vie d’une histoire débutée il y a plus d’un million d’années.
La Médiathèque du FMAC propose à quatre artistes contemporains de s’approprier cette pièce de l’inventeur de l’anniversaire de l’art. Quatre performances uniques pour nous rappeler que l’art est la vie !

Performances à l’occasion de la Nuit des Musées, les 20 et 21 mai 2017

Samedi 20 mai : Anne Le Troter à 19h et Jeremy Chevalier à 22h

Artiste établie à Paris, Anne Le Troter travaille sur le langage, la diction, l’interprétation. Elaborant des espaces aussi bien physiques que mentaux et temporels, ses performances et ses installations questionnent notre rapport au langage, ses manipulations et ses transformations.

Artiste basé à Genève, la pratique de Jeremy Chevalier est nourrie de références à la musique dont il déjoue les codes. Qu’il fabrique des 33 tours en béton ou réalise des compositions reprenant le son de disques rayés, ses actions entre humour et poésie questionnent notre rapport à l’intelligible.

Dimanche 21 mai : Darren Roshier à 14h30 et Christian Pahud à 17h

Artiste, performeur, Darren Roshier est aussi conseiller communal socialiste à Vevey et membre du collectif RATS. Portant un regard décalé sur les rôles qu’il occupe (artiste ou politicien), il flirte avec la forme du one man show tout en intégrant la notion d’échec dans son processus de travail.

Artiste et musicien basé à Lausanne, Christian Pahud est membre des groupes Honey for Petzi et Larytta, et collabore également avec d’autres artistes sur des installations sonores et des performances. En solo, il développe des recherches sonores orientées sur la musique électronique.

Hall de la Médiathèque du FMAC, entrée libre

AFROGALACTICA, conférence-performée de Kapwani Kiwanga

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Kapwani Kiwanga, AFROGALACTICA : A brief history of the future, Gorki Theater, Berlin, 2014                                          Courtesy the artist and Galerie Tanja Wagner, Berlin

Jeudi 11 mai à 18h30
Cinéma Spoutnik, 11 rue de la Coulouvrenière, Genève
Entrée libre

AFROGALACTICA : A brief history of the future (AFROGALACTICA : Une brève histoire du futur) est le premier volet d’une série de trois conférences performées de l’artiste canadienne Kapwani Kiwanga. Incarnant une anthropologue venue du futur, elle y raconte l’émergence d’un programme spatial des Etats-Unis d’Afrique et explore des thématiques issues de sa recherche sur l’Afro-futurisme.

Née en 1978 au Canada, Kapwani Kiwanga vit et travaille à Paris. Après des études à l’Université McGill (Montréal) et au Fresnoy (Studio National d’Art Contemporain, France), elle développe une pratique artistique donnant lieu à des installations, des vidéos, des oeuvres sonores ou des performances. De manière générale, sa pratique interroge des notions telles que l’Afro-futurisme, les luttes anti-coloniales et leur mémoire, ainsi que les cultures populaires et vernaculaires.

والأسلحة البلجيكية (Et des armes belges), Sven Augustijnen

La Médiathèque du FMAC sera présente à artgenève avec une installation de Sven Augustijnen (*1970, vit et travaille à Bruxelles). 

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Extrait de “L’Olivier”, réalisé par le Groupe Cinéma Vincennes, 1976. Courtesy Serge Lepéron

Et des armes belges, installation conçue pour le stand de la Médiathèque du FMAC à artgenève, fait partie d’un projet au long cours sur l’histoire des armes de la Fabrique Nationale de Herstal (FN) située dans les faubourgs de Liège en Belgique, et s’intéresse à leurs modes de production, leur image commerciale et leur différentes utilisations.

Fondée en 1889, la FN est reconnue internationalement pour la qualité de ses armes et produit encore actuellement des armes à destination des marchés militaires et civils. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’usine d’armement met au point un nouveau fusil automatique léger (FAL) très facile à démonter et à entretenir, spécifiquement étudié pour limiter les risques d’enrayage. Largement diffusé à travers le monde, ce fusil fut surnommé « the right arm of the free world » pendant la guerre froide, expression jouant sur le terme « bras droit » mais également « arme juste », et fut l’une des armes les plus communément utilisées par les démocraties occidentales, même s’il a été employé des deux côtés du spectre idéologique – paradoxe relevé dans des reportages et des publications de l’époque. Le FAL a fait partie des équipements des armées de plus de 70 pays et a été produit sous licence par une dizaine de pays incluant le Royaume-Uni, Israël, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil ou l’Argentine.

Comment un petit pays comme la Belgique en est venu à jouer un rôle si large dans l’histoire internationale ? La question se complexifie encore au regard de la très longue liste de conflits dans lesquels le FAL et d’autres armes de la FN ont été impliqués. De la rébellion menée par Che Guevara au Congo en 1965 à la Guerre des Six Jours en 1967, des armes belges datant de cette période peuvent être achetées de nos jours au marché noir de Beyrouth et retrouvent une deuxième ou une troisième vie dans la guerre civile en Syrie.

S’intéressant à l’histoire de la Belgique et à son passé colonial, Sven Augustijnen enquête de manière systématique et quasi obsessionnelle sur l’histoire du FAL depuis 2011. Assemblant et confrontant des documents d’archives, extraits de presse, publications, photographies ou films, l’artiste réalise plusieurs pièces en parallèle de cette recherche, qui donnera lieu à un essai cinématographique, Fierté Nationale, dont la sortie est prévue en 2018.

Pour artgenève, l’artiste présente des extraits de L’Olivier, documentaire militant relatant la lutte pour l’indépendance d’un État palestinien réalisé par le Groupe Cinéma Vincennes en 1976, où apparait le FAL. Dans des vitrines sont présentées des publications de la défense israélienne sur la Guerre des Six Jours*, ainsi que des exemplaires récents de la revue Newsweek** où l’on voit l’arme en or de Kadhafi, fabriquée en Belgique et ornée de gravures et d’inscriptions en arabe. Si les armes produites par la FN, point d’attention de la recherche, sont bien présentes dans les images, elles tendent dans le même temps à s’effacer par la répétition, laissant la place aux contextes qui les environnent et qui se mettent à dialoguer étrangement, plongeant dans l’obscurité des implications politico-idéologiques d’armes au poids historique inattendu.

Sven Augustijnen (*1970) vit et travaille à Bruxelles. Ses films, publications et installations ont fait l’objet de nombreuses expositions personnelles : The Hugh Lane, Dublin (2016), à la Kunstal Trondheim, Oslo (2015), à VOX, Centre pour l’Image contemporaine de Montréal (2013), à la Kunsthalle de Berne (2011), au centre d’art De Appel à Amsterdam (2011) ou encore au Wiels de Bruxelles (2011) et son travail est régulièrement présenté à l’occasion d’expositions de groupe, telles que The Unfinished Conversation : Encoding and Decoding au Museo Coleçao Berardo de Lisbonne (2016), Europe au Kunsthaus de Zurich (2015) ou Ce qui ne sert pas s’oublie au CAPC de Bordeaux (2015). Sven Augustijnen est représenté par Jan Mot, Bruxelles/Mexico City et est membre fondateur de la société de production Auguste Orts à Bruxelles.


ENGLISH VERSION

And Belgian Arms, an installation by the artist Sven Augustijnen devised for the FMAC Médiathèque stand at artgenève, is part of a long-term project about the history of arms of the Fabrique Nationale de Herstal (FN) located in the suburbs of Liège in Belgium, concerned with the methods of their production, their commercial image, and their different uses.

Founded in 1889, the FN is internationally recognized for the quality of its weaponry, and today still produces arms for military and civilian markets. At the end of the Second World War, the armaments factory developed a new light automatic rifle (FAL) that was easy to dismantle and service, and designed specifically to limit the risk of jamming. It was exported all over the world, and nicknamed “the right arm of the free world” during the Cold War, an expression playing with the term “right arm”, also meaning the “appropriate arm”. It was one of the weapons most widely used by western democracies, even if it was deployed on both sides of the ideological spectrum—a paradox commented on in reports and publications of the day. The FAL was part of the equipment used by the armies of more than 70 countries, and was produced under licence by a dozen countries, including the United Kingdom, Israel, South Africa, India, Brazil and Argentina.

How did a small country like Belgium manage to play such a major role in world history? The question becomes even more complex in view of the very long list of wars in which the FAL and other FN weapons have been involved. From the uprising led by Che Guevara in the Congo in 1965 to the Six Day War of 1967, Belgian weapons dating from that period can still be bought today on the black market in Beirut, and are enjoying a second or even third life in the civil war in Syria.

Sven Augustijnen is interested in the history of Belgium and its colonial past, and has been systematically and almost obsessively investigating the history of the FAL since 2011. By assembling and comparing archival documents, press clippings, publications, photographs and films, the artist has produced several pieces in parallel with his research, which will culminate in a film essay titled Fierté Nationale/National Pride, to be released in 2018.

For artgenève, the artist is showing excerpts from L’Olivier/The Olive Tree, a militant documentary describing the struggle for Palestinian State’s independence, produced by the Groupe Cinéma Vincennes in 1976, in which the FAL appears. The display stands show Israeli defence publications about the Six Day War*, as well as recent copies of the magazine Newsweek** where we see Gaddafi’s golden gun, manufactured in Belgium and decorated with engravings and Arabic inscriptions. The weapons produced by the FN, which are the focus of the artist’s research, are well presented in the imagery, but at the same time they tend to become a little blurred as a result of repetition, giving way to the contexts surrounding them, and embarking on odd dialogues, delving into the dark crannies of the political and ideological implications of gun which have an unexpected historical significance.

Sven Augustijnen (*1970) lives and works in Brussels. His films, publications and installations have been presented in numerous solo exhibitions, including : The Hugh Lane, Dublin (2016), Kunstal Trondheim, Oslo (2015), VOX, Center for contemporary image in Montreal (2013), Kunsthalle Bern (2011), De Appel art centre in Amsterdam (2011) or Wiels in Brussels (2011) ; his work is regularly presented in group shows, including The Unfinished Conversation : Encoding and Decoding at Museo Coleçao Berardo in Lisbon (2016), Europe at Kunsthaus Zurich (2015) or Ce qui ne sert pas s’oublie at CAPC in Bordeaux (2015). Sven Augustijnen is represented by Jan Mot, Brussels/Mexico City and is a founding member of the production platform Auguste Orts in Brussels.

 

CINÉMA PERFORMATIF, L’anti-cinéma lettriste, conférence d’Érik Bullot

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“Le film (n’)est (plus qu’)un souvenir”,  Roland Sabatier, 1975

 

le 29 novembre 2016 à 18h, au Cinema Dynamo (centre d’art contemporain, Genève)                    entrée gratuite sur réservation : info@centre.ch

Peut-on faire des films avec des mots ? L’énoncé peut-il valoir pour le film ? Le cinéma connaît aujourd’hui un tournant performatif. Le mode de la conférence, le film papier, le film boniment sont autant de formes explorées par les cinéastes et les artistes contemporains. Curieusement, nombre de ces hypothèses ont été développées au sein du lettrisme dès les années 1950 : le débat à la place du film, le roman hypergraphique, les instructions au projectionniste, l’art imaginaire et supertemporel.

Cette conférence propose une cartographie du cinéma lettriste (Isou, Lemaître, Sabatier) en regard du performatif dans l’art contemporain.

Érik Bullot est cinéaste et théoricien. Il a réalisé plus d’une vingtaine de films, à mi-chemin du film d’artiste et du cinéma expérimental. Il a présenté l’ensemble de ses films à Biennale de l’image en mouvement à Genève en 2005. Il a publié récemment Renversements 2 (Paris Expérimental, 2013) et Sortir du cinéma. Histoire virtuelle des relations de l’art et du cinéma (Mamco, 2013). Il enseigne le cinéma à l’École nationale supérieure d’art de Bourges.

 

 

Le film est déjà commencé ?, de Maurice Lemaître

 

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1951, film 16mm, 59’ © Light Cone 

Réalisé en 1951 par Maurice Lemaître, figure du mouvement lettriste, Le film est déjà commencé ? est la première œuvre cinématographique de l’artiste qui fut également poète, écrivain ou critique littéraire.

Brisant le cadre de présentation cinématographique classique pour inventer une nouvelle forme de spectacle – le « syncinéma » – Le film est déjà commencé ? est conçu à l’origine pour bouleverser les paramètres de diffusion du film (image, son, écran, salle de cinéma ou spectateurs) et proposer une expérience discursive et performative.

Au Spoutnik, cette unique séance de projection en 16mm de l’œuvre de Lemaître, issue du fonds André Iten et conservée à la Médiathèque du Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève, est l’occasion de voir ou revoir le travail d’un important cinéaste de l’avant-garde.

Projection suivie d’une discussion

Cinéma Spoutnik, 11 rue de la Coulouvrenière, 1er étage, 1204 Genève

Le jeudi 27 octobre à 20h30

Entrée libre

À l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel UNESCO