Upside Down Touch of Evil de Mark Lewis

Mark Lewis (*1957, CA)
Upside Down Touch of Evil, 1997
Film 35 mm transféré sur vidéo Betacam, NTSC, noir/blanc, numérisé, stéréo, 4’41”
Collection du Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève (FMAC)

Sorti en 1958, Touch of Evil (La Soif du mal) d’Orson Welles est un film policier culte dont la scène d’ouverture fit date dans l’histoire du cinéma : un très long plan séquence, réalisé à l’aide d’une grue, amorce l’action et propose au spectateur de suivre dans les rues d’une petite ville une voiture contenant une bombe prête à exploser. Si la déflagration aura bien lieu à la fin de la scène, la technique utilisée pour filmer l’action permet une fluidité de l’image puisqu’il n’y a pas de coupure dans la séquence, donnant à l’intrigue une place prépondérante. En 1997, Mark Lewis revisite ce passage avec Upside Down Touch of Evil, vidéo dans laquelle les images sont renversées, rendant par ce procédé la compréhension beaucoup plus ardue et cassant la fluidité de la narration mise en place par Welles. Cette pièce est significative de la pratique de l’artiste, qui s’intéresse davantage au médium du cinéma en lui-même qu’à ses possibilités narratives, disséquant les différents éléments constituants la pratique cinématographique pour mettre en évidence les techniques derrière la production d’un film.


Mark Lewis (*1957, CA)
Upside Down Touch of Evil, 1997
35 mm film transferred to Betacam, NTSC, black/white, stereo, 4’41”
Collection of the Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève (FMAC)

Released in 1958, Orson Welles’s Touch of Evil is a cult detective film whose opening scene was a milestone in the history of the cinema: a very long sequence shot, made with the help of a crane, triggers the plot and invites the viewer to follow through the streets of a small town a car containing a bomb ready to go off. If the explosion does indeed take place at the end of the scene, the technique used to film the action permits a fluid image, because there are no cuts in the sequence, which gives the plot itself a predominant place. In 1997, Mark Lewis revisited that passage with Upside Down Touch of Evil, a video in which the images are reversed, rendering our understanding much harder through that procedure, and breaking the fluidity of the narrative set up by Welles. This work is indicative of the artist’s praxis, for he is more interested in the film medium per se than in its possible narratives, dissecting the various elements composing the film to highlight the techniques behind the production of a film.