Tempo risoluto de Kosinki

Diaporama, 6’15’’, posté sur YouTube

Poète, écrivain, essayiste et critique littéraire français, Chris Marker (de son vrai nom Christian Bouche-Villeneuve) débute la réalisation de films et d’essais documentaires au début des années 1950 et opère sous divers pseudonymes durant toute sa carrière. Réalisé à la fin de sa vie, tandis qu’il oeuvrait principalement sur le Web, Tempo risoluto est mis en ligne sur sa chaîne YouTube, créée sous le nom de “Kosinki”. Diaporama d’images relatives à la révolution égyptienne de 2011 défilant sur un fond doré, la pièce est accompagnée d’une musique classique. Très courants sur le Web pendant la période des printemps arabes, ce genre de diaporamas donne une forme et une perspective aux événements de la révolte, fait passer des messages à caractère politique, érige des figures de leaders, de martyrs ou de héros. Après la vue du buste fissuré de l’ex-président Moubarak, les images en morceaux se recomposent, comme une histoire à reconstruire. Si l’on ne peut déterminer l’intention précise de Marker – qui ne s’est pas exprimé à ce sujet – ni la provenance des images, il est certain que la libre circulation des photographies et des vidéos sur cette immense mémoire collective qu’est le Web le fascinait, ainsi que la dilution de la notion même d’auteur.


The French poet, writer, essayist and literary critic Chris Marker (whose real name was Christian Bouche-Villeneuve) began to make films and documentary essays in the early 1950s, and worked under various pseudonyms throughout his career.
Tempo risoluto was made at the end of his life (he died in 2012), when he was working mainly on the Internet, and put online on his YouTube channel, created under the name of “Kosinki”. The piece is a slideshow of images to do with the Egyptian revolution of 2011, scrolling past on a gold background, accompanied by classical music. This type of slideshow, which was very widespread during the Arab Spring, lends form and perspective to the events involved by the uprising, transmits political messages, and promotes figures of leaders, martyrs and heroes. After an initial picture of a cracked statue of former president Mubarak, the fragmented images are put back together, like a story to be reconstructed. It is not easy to pin down either Marker’s precise intention or the sources of the imagery, but there is no doubt that the free circulation of photographs and videos on that huge collective memory known as the Internet fascinated him, as did the watering down of the very notion of auteur.